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Impact du confinement : une charge supplémentaire pour les aidants
Auteur(s)
- Collectif Inter Associatif des Aidants Familiaux (CIAAF)
- Institut de recherches économiques et sociales (Ires)
Référence
« Impact du confinement : une charge supplémentaire pour les aidants », rapport du Collectif Inter Associatif des Aidants Familiaux (CIAAF) et de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires), octobre 2021Domaines de recherche appliquée
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Résumé de l'auteur
La crise sanitaire a généré un isolement accru et imposé pour les aidants. Ils ont dû intensifier leur aide pour répondre aux besoins des personnes aidées face à la fermeture des établissements et la réduction des services d’aide à domicile. Ils se sont trouvés en état d’épuisement physique (72,5 %) et moral (75,5 %). Dans le même temps seul un aidant sur dix a bénéficié d’un aménagement du plan d’aide pour le proche accompagné. Le rapport pointe le déficit de répit pour les aidants qui sont 80% à déclarer en avoir besoin. Coût et lourdeur administrative ont eu raison de leur motivation.
Pour chacune des constatations du rapport, le CIAAF pose des demandes.
L’intensification de l’aide ne s’est pas concrétisée de la même façon pour tous les aidants. La part des aidants cohabitant avec la personne aidée a quasiment doublée pendant le premier confinement de 2020. La reprise par l’aidant d’actes d’accompagnement qui peuvent être psychologiquement difficiles pour lui (aide à l’élimination, surveillance, aide domestique, aide aux courses, aide à la toilette, aide au repas, aide au lever/coucher, soins de rééducation) a lourdement pesé sur le vécu de l’aidant.
L’isolement s’est imposé pour 80% des aidants ; les services ont été fermés dans presque la moitié des cas, les intervenants à domicile n’ont pas souhaité venir pour un cas sur dix et les membres de la famille qui contribuaient à l’aide ne se sont plus déplacés dans un cas sur six. Le maintien d’un lien téléphonique avec un établissement médico-social et/ou les professionnels du domicile ont permis de soutenir les aidants qui se sont retrouvés à temps plein avec leur proche.
Le rapport montre l’évolution de la situation professionnelle des aidants avant et pendant le confinement. Si 41.9% des aidants étaient en emploi avant le confinement, ils n’étaient plus que 23.6% pendant, et 17% en suspension d’emploi du fait de la situation sanitaire. Parmi eux un aidant sur sept était en télétravail à plein temps et un sur dix appartenait à la catégorie des « emplois en secteur vital ».
36% des aidants ont dû cumuler télétravail à temps plein et accompagnement de leur proche, et 14.4% travail à l’extérieur dans un secteur vital et accompagnement de leur proche. Ils sont 44.5% à mentionner une moins bonne conciliation de leur rôle d’aidant avec leur vie professionnelle pendant le confinement.
90% des aidants qui se sont retrouvés à aider leur proche à temps plein n’ont pas bénéficié d’une modification du plan d’aide ; ils invoquent des demandes restées sans réponse, un manque d’information, une lourdeur administrative et un besoin différent.
Les conséquences se sont fait sentir sur tous les aspects de la vie, négativement sur le stress, la fatigue, dont la fatigue morale, et plus positivement sur l’attention portée à leur proche et la qualité de relation avec leur proche.
Les besoins des aidants ont été exacerbés pendant le confinement, en particulier pour des solutions de répit (un peu plus d’un tiers d’entre eux), une contrepartie financière (30.6%), une écoute et un soutien moral (26.9%) et de l’information (23.6%). Les aidants ont également exprimé leur besoin d’être accompagnés par des professionnels du soin et de l’aide à domicile.
Les aidants ont exprimé leur volonté de recourir à des solutions après le confinement, en particulier en matière de service et d’accompagnement au domicile, de répit, de vacances adaptées, d’écoute, d’accompagnement aux démarches… Qui ne s’est pas concrétisée dans les faits. La mise en œuvre administrative des dispositifs et le reste à charge pour l’aidant ont freiné les initiatives.
Le rapport propose également plusieurs focus dont un sur l’aide au masculin et ses répercussions.
Le CIAAF a repris contact six mois après sa première enquête avec une partie des aidants. Le bilan de ces six mois post-confinement est une inertie dans la reprise de l’accompagnement et du soutien aux aidants. Globalement, 44% des aidants se sentent bien ou plutôt bien dans leur rôle d’aidant contre 37% qui se sentent très mal ou plutôt mal. Les besoins n’ont pas évolué entre temps.
Téléchargement(s)
- Accéder au document (Français) Source: IRES
