Access to sexual and reproductive health services: Experiences and perspectives of persons with disabilities in Durban, South Africa

Titre traduit

Accès aux services de santé sexuelle et reproductive : expériences et perspectives des personnes en situation de handicap à Durban, Afrique du Sud

Auteur(s)

  • Sibusiswe Mavuso
  • Pranitha Maharaj

Référence

"Access to sexual and reproductive health services: Experiences and perspectives of persons with disabilities in Durban, South Africa." Agenda 29, no. 2 (2015): 79-88

Résumé de l'auteur

Sexual and reproductive health is recognised as an essential component of good health and personal development. However, a number of studies suggest that persons with disabilities (PWD) are often marginalised by sexual and reproductive health programmes. In this study in-depth interviews were conducted with sexually active women and men of reproductive ages with different types of disabilities in order to examine access to sexual and reproductive health services in Durban, South Africa. The majority of respondents revealed that sexual and reproductive health services are a big part of their lives. However, there seemed to be a huge gap between their need for services and their rights to access these services. Gender compounded the negative experiences for women with disabilities. Women mentioned that health providers appear surprised that they will need family planning services, and they are not given choices about suitable birth control methods. The findings reveal a need to address access to sexual and reproductive health services for PWD.

[Traduction]
La santé sexuelle et reproductive est reconnue comme une composante essentielle d’une bonne santé et d’un développement personnel sain. Cependant, nombreuses sont les études qui soutiennent que les personnes en situation de handicap sont souvent marginalisées dans les programmes de santé sexuelle et reproductive. Cette étude est fondée sur des entretiens approfondis avec des femmes et des hommes sexuellement actifs en âge de procréer présentant différents types de handicap. Elle a pour but d’examiner l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive à Durban, en Afrique du Sud. La plupart des participants ont affirmé que les services de santé sexuelle et reproductive constituaient un aspect important dans leur vie. Cependant, un clivage important semblait exister entre l’accès à ces services et leurs besoins. Les discriminations en matière de genre aggravaient souvent la condition des femmes en situation de handicap. Les femmes participant à cette étude affirmaient que les professionnels de santé semblaient surpris de leurs demandes de services de planification familiale. En outre, on leur refusait des moyens contraceptifs adaptés à leurs demandes. Les conclusions de cette étude révèlent un réel besoin d’améliorer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive pour les personnes en situation de handicap.

Commentaire du Centre Ressources

In this peer-reviewed article, Mavuso and Maharaj investigate the experiences that persons with disabilities have of accessing sexual and reproductive healthcare in Durban, South Africa.
Despite steps toward the sexual and reproductive rights of persons with disabilities in South Africa being taken in theory, the authors draw attention to the fact that more improvement is required in practice. Therefore, they set out to document the current experiences of persons with disabilities when accessing sexual and reproductive healthcare in Durban.
To do this, they interviewed a sample of 16 individuals with disabilities, who reside in a large home that facilitates independent living and co-habitation (i.e. with spouses and children). Given that many research projects still do not leave room for persons with disabilities to speak on their own behalf, this represents a valuable collaboration with actors in the field.
Mavuso and Maharaj’s findings are numerous. Firstly, they note that the sexual perceptions of respondents appear to be gendered (e.g., males view sex as self-gratifying, women use sex to establish emotional attachment). In terms of sexual and reproductive healthcare, participants asserted that attempts to provide sexuality education to persons with disabilities were poor. This criticism applied across both public and private spheres of life. For instance, respondents reported receiving a lack of accessible public educational material and did not gain this information from their families either, whose members generally endorsed the myth that persons with disabilities are asexual. Furthermore, participants noted several social (e.g., negative attitudes, behavioural discrimination) and structural (e.g., inadequate transportation, inaccessible facilities) barriers when using healthcare services, which contributed to an overall detrimental experience of them.
In light of the above, the authors are able to provide practical recommendations of how access to sexual and reproductive health services in South Africa should be improved (e.g., more mobile clinics within the community).       
Many of the barriers to access identified in the study are grounded in the (mis-) perceptions of sexuality that participants perceive South Africans without disabilities to hold. However, an overall limitation of this area of research is that there has been very little direct investigation of the views that the general South African population hold about persons with disabilities. Pursuing this investigation would enable more targeted recommendations to be made to improve access to sexual healthcare.  

[Traduction]
Dans cet article revu par les pairs, Mavuso et Maharaj explorent la question des expériences des personnes en situation de handicap lorsqu’elles tentent d’accéder aux services de santé sexuelle et génésique à Durban, en Afrique du Sud. Malgré les évolutions théoriques en matière de droits sexuels et génésiques des personnes en situation de handicap en Afrique du Sud, les auteurs de cette étude attirent l’attention sur le fait que des améliorations sont souhaitées dans la pratique. À cet effet, ils s’attachent à la documentation d’expériences de personnes en situation de handicap dans leur accès aux services de santé sexuelle et reproductive à Durban. Pour y parvenir, ils ont interviewé un échantillon de 16 personnes en situation de handicap demeurant dans une grande bâtisse où l’indépendance et la cohabitation sont rendues plus simples (par exemple, avec les partenaires et les enfants). Étant donné qu’un grand nombre de projets de recherche ne permettent pas aux personnes en situation de handicap de s’exprimer par elles-mêmes, cette étude constitue une collaboration importante avec les acteurs de terrain. Les conclusions de Mavuso et Maharaj sont foisonnantes. Tout d’abord, les auteurs remarquent que les perceptions sexuelles des participants varient selon le sexe/sont genrées (par exemple, les hommes voient l’acte sexuel comme quelque chose de gratifiant alors que les femmes l’utilisent pour établir un attachement émotionnel). En matière de services de santé sexuelle et reproductive les participants ont affirmé que les tentatives pour dispenser une éducation sexuelle aux personnes en situation de handicap étaient peu nombreuses. Ces critiques s’appliquaient aussi bien à la sphère publique que privée de leur vie. En l’occurrence, les participants ont dénoncé un manque d’accès aux supports pédagogiques et ont affirmé que leur éducation sexuelle ne s’était pas faite au sein de leurs familles non plus, car leurs parents se contentaient d’entretenir le mythe de l’asexualité des personnes en situation de handicap. En outre, les interviewés ont souligné l’existence de plusieurs obstacles sociaux (par exemple, attitudes indésirables, discrimination comportementale) et structuraux (par exemple, services de transport non adaptés, infrastructures dépourvues d’accessibilité PMR) dans leur accès aux services de santé. Cela aggravant, bien évidemment, leur expérience dans l’accès à ces services. À la lumière des faits exposés ci-dessus, les auteurs sont en mesure de dresser une liste de recommandations pratiques pour que l’accès des personnes en situation de handicap aux services de santé sexuelle et reproductive soit amélioré en Afrique du Sud (par exemple, mise en place d’un plus grand nombre de cliniques ambulantes au sein des communautés. Une grande partie des obstacles identifiés par cette étude émanent des perceptions faussées sur la sexualité de la part de la population sud-africaine à l’égard des personnes en situation de handicap. Cependant, parmi les limites de ces travaux de recherche, il convient de citer l’absence de recherche sur un large échantillon composé de citoyens sud-africains non handicapés et leur perception vis-à-vis des personnes en situation de handicap. La poursuite de cet axe de recherche permettrait de produire des recommandations plus ciblées visant à améliorer l’accès aux services de santé sexuelle des personnes en situation de handicap.